GABON: EAU ET ÉLECTRICITÉ :
GABON: EAU ET ÉLECTRICITÉ : OLIGUI NGUEMA A TROUVÉ SON SOLDAT, OLIVIER MOUCKOCKO ENVOYÉ AU FRONT FACE À L’ÉPREUVE DES RÉSULTATS
Géologue spécialisé en hydrogéologie, ancien directeur de la Direction générale de l’eau et cadre dirigeant d’Eramet Comilog, le nouveau ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie arrive à la tête d’un secteur vital pour les Gabonais. Face aux coupures récurrentes, aux difficultés d’approvisionnement et à l’urgence de moderniser les réseaux, son expertise technique constitue un atout. Mais le défi est immense : les populations attendent désormais des résultats concrets.
Par la rédaction de Bantouinfo
LIBREVILLE — De l’eau au robinet, de la lumière dans les foyers, de l’électricité dans les entreprises : au Gabon, ces besoins essentiels sont devenus l’une des préoccupations majeures des populations. Chaque interruption de la fourniture électrique, chaque pénurie d’eau potable rappelle l’ampleur des difficultés auxquelles le pays reste confronté. C’est dans ce contexte que le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a choisi Olivier Mouckocko pour conduire le ministère de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie.
Nommé le 11 octobre 2026, le nouveau ministre hérite d’un portefeuille particulièrement sensible, au croisement des enjeux sociaux, économiques et techniques. Dans les ménages, les administrations, les établissements de santé et les unités de production, l’eau et l’électricité ne sont pas des services accessoires : elles conditionnent directement la qualité de vie, la continuité des activités et les perspectives de développement du pays.
Pour mener ce combat, le chef de l’État a fait le choix d’un profil technique, doté d’une expérience dans les infrastructures et d’une connaissance des problématiques de l’eau. Un choix qui peut se résumer par une formule : le président a trouvé un soldat du terrain pour s’attaquer à l’un des chantiers les plus urgents du Gabon.
Un spécialiste de l’eau et des infrastructures au cœur du dispositif
Olivier Mouckocko n’aborde pas ce portefeuille en terrain inconnu. Son parcours professionnel présente une particularité importante : il associe une formation scientifique directement liée aux ressources hydriques à une expérience de terrain dans la réalisation et la gestion d’infrastructures.
Géologue spécialisé en hydrogéologie, il possède des connaissances relatives aux eaux souterraines, à leur circulation et à leur exploitation. Il est également titulaire d’un MBA en management des affaires, une formation qui complète son expertise technique par des compétences en gestion, en organisation et en conduite de projets.
Son parcours débute au sein du cabinet d’ingénierie SEURECA, avant de se poursuivre dans l’administration publique chargée de l’eau. Il rejoint ensuite la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog), filiale du groupe Eramet, où il exerce des responsabilités dans les domaines de l’exploitation, des infrastructures et des équipements industriels.
Il revient par la suite dans l’administration, où il contribue à structurer et à diriger la Direction générale de l’eau entre 2010 et 2016. Cette expérience est particulièrement significative : elle l’a placé au contact des enjeux de planification, de développement des réseaux et d’organisation de la politique nationale de l’eau.
Il poursuit ensuite son parcours à la tête de la Société d’énergie, de téléphone et d’eau du Gabon (SETEG), avant de retrouver des fonctions de direction au sein d’Eramet Comilog. En décembre 2025, il rejoint la présidence de la République en qualité de conseiller spécial chargé des infrastructures.
Plus de vingt années d’expérience dans les secteurs public et privé lui ont ainsi permis d’évoluer entre études techniques, gestion d’équipements, conduite de projets et responsabilités managériales.
Cette trajectoire constitue un élément central de son profil. Car le secteur de l’eau et de l’énergie ne réclame pas seulement des décisions politiques : il exige aussi une compréhension précise des installations, des réseaux, des contraintes d’exploitation, des besoins d’investissement et des mécanismes de distribution.
Des réalisations qui donnent du relief à son profil technique
Le passage d’Olivier Mouckocko dans l’administration de l’eau s’est notamment accompagné de projets d’infrastructures destinés à renforcer l’approvisionnement du Grand Libreville.
Son profil professionnel fait état de la conduite d’un projet de canalisation de grand diamètre sur 32 kilomètres entre Ntoum et Libreville, réalisé entre 2013 et 2015. L’ouvrage visait à accroître les capacités de transfert d’eau vers la capitale.
Il mentionne également la réalisation d’un réservoir d’une capacité de 10 000 mètres cubes ainsi que des travaux de canalisation destinés à améliorer l’acheminement et la distribution de l’eau dans le nord de Libreville.
Ces projets illustrent la nature des compétences qu’il pourra mobiliser dans ses nouvelles fonctions : comprendre les besoins, planifier les investissements, coordonner les intervenants et assurer le suivi des ouvrages.
Son expérience dans le secteur minier lui a par ailleurs permis de travailler sur des infrastructures complexes, où la disponibilité des équipements, la maintenance et la continuité des opérations constituent des exigences majeures.
Il serait excessif de considérer que cette expérience garantit automatiquement la résolution des difficultés nationales. Mais elle offre au nouveau ministre des références opérationnelles utiles pour aborder les problèmes du secteur avec une approche technique et structurée.
L’énergie, un enjeu vital pour tous les Gabonais
L’électricité occupe une place centrale dans le fonctionnement d’un pays moderne. Elle permet aux entreprises de produire, aux commerçants de travailler, aux hôpitaux de fonctionner et aux familles de mener leurs activités quotidiennes dans des conditions normales.
Au Gabon, les délestages récurrents ont pourtant des conséquences bien réelles. Ils perturbent les activités économiques, occasionnent des pertes pour les opérateurs, compliquent la conservation des denrées et obligent de nombreux ménages à recourir à des solutions alternatives souvent coûteuses.
La question énergétique ne peut donc être réduite à une affaire de centrales et de lignes électriques. Elle touche au pouvoir d’achat, à l’emploi, à la compétitivité des entreprises et à la confiance des citoyens dans la capacité des pouvoirs publics à assurer les services essentiels.
Le défi est tout aussi important dans le domaine de l’eau. Les interruptions d’approvisionnement obligent les familles à s’organiser autrement pour satisfaire leurs besoins élémentaires. Elles affectent également les écoles, les structures sanitaires et les activités économiques qui dépendent d’une alimentation régulière en eau potable.
Face à cette situation, Olivier Mouckocko devra agir sur plusieurs fronts : renforcer les capacités de production, améliorer la distribution, réhabiliter les réseaux, accélérer les investissements et veiller à la maintenance des installations existantes.
Le défi est immense, parce que l’eau et l’énergie sont au cœur de la vie quotidienne de tous les Gabonais. La réussite de son action ne se mesurera donc pas uniquement aux projets annoncés, mais à la régularité du courant, à la disponibilité de l’eau et à l’amélioration concrète du service rendu aux populations.
La confiance du président, mais surtout une obligation de résultats
En confiant ce portefeuille à Olivier Mouckocko, Brice Clotaire Oligui Nguema mise sur un responsable dont la formation et l’expérience correspondent à plusieurs exigences techniques du secteur.
Le nouveau ministre connaît les problématiques liées à l’eau, a travaillé dans l’administration publique et a exercé des fonctions de direction dans l’industrie. Cette combinaison peut faciliter le dialogue entre les impératifs techniques, les contraintes de gestion et les objectifs de la politique gouvernementale.
Son passage récent à la présidence de la République lui donne également une connaissance de l’environnement institutionnel dans lequel s’inscrit l’action gouvernementale.
Sa position dans l’ordre de présentation de la nouvelle équipe, en quatrième position après les deux ministres d’État et le vice-président du gouvernement, contribue à la visibilité de ce portefeuille. Cet ordre protocolaire ne constitue pas, en lui-même, une hiérarchie formelle des pouvoirs, mais il souligne la place accordée à un département dont les décisions ont des conséquences directes sur la vie des citoyens.
La confiance présidentielle représente donc un levier, mais elle s’accompagne d’une exigence forte. Les Gabonais attendent des améliorations perceptibles, et le nouveau ministre devra démontrer que son expérience peut se traduire en résultats.
La réforme du secteur, premier test de sa capacité d’action
Parmi les dossiers prioritaires figure la réorganisation de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), avec la séparation annoncée des activités de l’eau et de l’électricité.
Cette transformation institutionnelle devra permettre de clarifier les responsabilités et de renforcer le pilotage des deux secteurs. Mais une réforme administrative ne produira des effets durables que si elle s’accompagne d’une amélioration de la gestion, d’investissements adaptés et d’une continuité du service pendant la transition.
Le ministre devra également suivre les projets destinés à accroître la capacité de production électrique, notamment les nouvelles installations thermiques et l’aménagement hydroélectrique de Kinguélé Aval. Leur achèvement, leur mise en service et leur intégration au réseau devront contribuer à répondre aux besoins du pays.
Dans le domaine de l’eau, l’enjeu sera de renforcer les infrastructures d’approvisionnement et de distribution tout en accordant une attention particulière aux zones insuffisamment desservies.
La modernisation des réseaux, la réduction des pertes, l’entretien des équipements et le suivi rigoureux des investissements devront ainsi occuper une place centrale dans son action.
Un manager attendu sur la méthode et l’écoute
Les compétences techniques ne suffisent pas à conduire un ministère aussi exposé. La réussite suppose également une capacité à mobiliser les équipes, à écouter les techniciens, à dialoguer avec les opérateurs et à prendre en compte les préoccupations des usagers.
Olivier Mouckocko est décrit par ses interlocuteurs comme un homme ouvert et attentif. Ces qualités, si elles se traduisent dans sa pratique ministérielle, pourront favoriser le dialogue et la recherche de solutions pragmatiques.
Dans un secteur où les contraintes sont nombreuses, l’écoute doit permettre de mieux identifier les difficultés, tandis que la méthode doit assurer le suivi des décisions et la réalisation des engagements.
Le nouveau ministre devra donc conjuguer concertation et fermeté, expertise et capacité d’arbitrage, vision de long terme et réponse aux urgences quotidiennes.
Les populations ne demandent pas uniquement que leurs difficultés soient entendues. Elles veulent que les problèmes identifiés soient traités et que les améliorations annoncées deviennent visibles.
Le soldat est trouvé, le combat commence.
Le parcours d’Olivier Mouckocko présente des atouts pour la mission qui lui est confiée : une formation scientifique liée à l’eau, une expérience dans la planification des infrastructures, des responsabilités dans l’industrie et une connaissance du fonctionnement de l’administration.
Autant d’éléments qui permettent de comprendre pourquoi son profil peut correspondre aux attentes du chef de l’État pour ce portefeuille stratégique.
Mais la tâche qui l’attend dépasse les capacités d’un seul homme. Elle nécessitera une mobilisation des compétences, des moyens financiers, une coordination efficace des administrations et un suivi rigoureux des projets. Elle supposera également une communication transparente sur les progrès réalisés et les difficultés qui subsistent.
Le nouveau ministre devra être jugé sur des indicateurs concrets : la fréquence des coupures, la continuité de l’approvisionnement en eau, la mise en service des équipements, l’amélioration de la desserte et la qualité du service offert aux usagers.
Le président de la République a choisi son responsable pour mener ce combat. À Olivier Mouckocko désormais de transformer la confiance placée en lui en résultats mesurables.
Au Gabon, la bataille de l’eau et de l’électricité est une bataille pour la dignité, le développement et la confiance publique. Le profil technique est là. Les défis sont immenses. Et pour les populations, l’attente est simple : de l’eau au robinet, de l’électricité dans les foyers et un service public enfin plus fiable.
La Rédaction de Bantouinfo
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