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Chambre Nationale des Metiers de l'Artisanat du Gabon: DEUXIEME PARTIE

CHAMBRE NATIONALE DES METIERS DE L’ARTISANAT DU GABON — ENQUÊTE EXPLOSIVE. DEUXIEME PARTIE : UN MOIS D’ENQUÊTE, DES RÉVÉLATIONS, DES QUESTIONS QUI NE PEUVENT PLUS RESTER SANS RÉPONSES Axel JESSON AYENOUE : aurait-il hérité d’une bombe à retardement ou d’un cadeau empoisonné?

Derrière les ambitions affichées pour le développement de l’artisanat gabonais, un ministère fait face à de sérieux défis et à des interrogations qui méritent toute l’attention du public.

Que se passe-t-il réellement dans le secteur de l’Artisanat ? Quels sont les faits, les dysfonctionnements présumés et les difficultés qui interpellent certains élus ?

Pendant une dizaine de jours, BANTOUINFO.COM vous propose une série d’articles issus de ses investigations, nourris par les informations recueillies par notre rédaction et les témoignages de certains élus qui ont accepté de se confier à nos journalistes sous le sceau de l’anonymat.

Documents, témoignages, faits rapportés et questions de gouvernance : notre rédaction entend mettre en lumière les éléments recueillis, dans un souci d’information du public et de transparence.

AUJOURD’HUI, NOUS LEVONS LE VOILE SUR LE DEUXIEME VOLET DE CETTE ENQUÊTE.

Axel Jesson AYENOUE : le temps des explications et de la remise en ordre

Monsieur le Ministre, le dossier qui vous attend à la CNMAG pourrait être bien plus complexe qu’il n’y paraît.

Vous n’êtes pas à l’origine de cette situation. Mais votre responsabilité politique et administrative consiste désormais à déterminer ce qui s’est réellement passé, à faire respecter les textes et à restaurer la confiance.

La première urgence serait de commander un examen indépendant de la gouvernance de la Chambre, couvrant notamment :

· la procédure de destitution de Serge HAPITA NKOMA et les actes qui l’ont accompagnée ;

· la régularité de l’élection du bureau et les conditions d’installation de ses membres ;

· la base juridique des chambres provinciales et des fonctions de présidents provinciaux ;

· la conformité de l’organisation financière et comptable aux statuts ;

· les budgets, les subventions reçues, les dépenses engagées et les justificatifs disponibles ;

· la tenue des assemblées générales, la validation des programmes et l’approbation des comptes ;

· les éventuelles contestations administratives ou judiciaires en cours.

Il conviendrait également de préserver les archives et de garantir que les personnes mises en cause puissent faire valoir leurs observations.

Si des irrégularités sont établies, les autorités compétentes devront en tirer les conséquences, dans le respect des procédures et des droits de chacun.

Vous n’avez pas installé ce système, Monsieur le Ministre. Mais vous avez désormais la possibilité — et le devoir institutionnel — de faire toute la lumière sur son fonctionnement.

Le changement de ministre ne doit pas devenir une occasion de perpétuer les pratiques contestées. Il doit ouvrir une nouvelle étape, fondée sur la transparence, la responsabilité et le respect de la légalité.

Un élu a brisé le silence et porté l’affaire sur la place publique

Dans un contexte où les intérêts professionnels, les équilibres internes et les enjeux de gouvernance peuvent parfois freiner la dénonciation des irrégularités présumées, la démarche de l’élu qui a porté plainte et contribué à rendre cette affaire publique mérite d’être mise en lumière. En choisissant de saisir les voies institutionnelles plutôt que de laisser les interrogations s’enfermer dans le silence, il a placé la question de la transparence au cœur du débat public.

Il convient de saluer cette initiative, car le signalement d’éventuelles irrégularités constitue une étape importante dans la recherche de la vérité et la promotion de la bonne gouvernance. En portant plainte, cet élu a contribué à faire sortir ce dossier du cadre interne pour le soumettre à l’attention du public et des autorités compétentes. Une telle démarche participe au nécessaire débat sur la gestion des institutions et l’utilisation des ressources publiques.

Ce mérite doit être reconnu sans préjuger de l’issue de la procédure judiciaire. Les faits dénoncés devront être examinés à la lumière des pièces produites, des éléments de preuve et des conclusions des instances compétentes. Saluer le courage de signaler ne signifie pas anticiper la culpabilité de qui que ce soit : cela revient à défendre le droit de demander des comptes et l’exigence de vérité.

Le plus important, désormais, est que cette démarche ne reste pas sans suite. La plainte déposée doit pouvoir donner lieu aux vérifications nécessaires, afin que toute la lumière soit faite sur les faits évoqués et que les responsabilités éventuelles soient établies dans le respect des procédures.

Le président de la République, Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, a également été associé, dans le débat public, à des appels à dénoncer les pratiques répréhensibles au sein des administrations. La rédaction devra toutefois vérifier la déclaration exacte, sa date et son contexte avant de la rattacher directement au dossier de la CNMAG. L’enjeu est clair : l’exigence de transparence ne saurait être sélective. Elle doit s’appliquer à toutes les institutions, à tous les niveaux de responsabilité et à toutes les structures qui mobilisent des ressources publiques.

La CNMAG doit devenir un véritable levier de développement de l’artisanat et de création d’emplois

Au-delà de la crise et des interrogations relatives à sa gestion, la CNMAG doit être appréciée à l’aune de sa vocation première : contribuer au développement de l’artisanat gabonais, à la valorisation des savoir-faire locaux et à la création d’opportunités économiques durables.

L’artisanat gabonais représente un potentiel considérable encore susceptible d’être davantage exploité. Les métiers du bois, la couture, la cordonnerie, la mécanique, la transformation, la bijouterie, la poterie, les métiers d’art et la fabrication de mobilier constituent autant de secteurs capables de générer des revenus, de favoriser l’insertion professionnelle des jeunes et d’assurer la transmission des compétences entre générations.

La CNMAG doit ainsi dépasser le simple cadre administratif pour devenir un véritable moteur de l’entrepreneuriat artisanal et de l’emploi. Cela suppose un accompagnement concret des artisans, une meilleure valorisation de leurs productions, un accès facilité aux équipements et aux débouchés commerciaux, ainsi qu’une gestion transparente des moyens mis à sa disposition.

L’affaire aujourd’hui portée à la connaissance du public doit donc aussi être l’occasion de rappeler une exigence fondamentale : les institutions chargées de soutenir les artisans doivent être exemplaires dans leur fonctionnement et efficaces dans leurs résultats. La transparence dans la gestion et l’ambition en matière de développement économique ne sont pas deux objectifs opposés. Elles sont les conditions indispensables d’une CNMAG au service des artisans, de la jeunesse et de l’économie gabonaise.

Pourtant, ce potentiel ne peut être pleinement exploité si les artisans ne disposent pas d’une institution crédible, structurée et capable de défendre leurs intérêts.

La CNMAG devrait être un instrument de professionnalisation, de formation, d’accompagnement entrepreneurial, d’accès aux marchés et de valorisation des produits fabriqués au Gabon.

Elle pourrait contribuer à organiser les artisans en filières, faciliter leur accès au financement, renforcer leurs compétences de gestion, accompagner la formalisation des activités et créer des passerelles entre les artisans, les entreprises, les collectivités et les marchés publics.

Elle pourrait aussi participer à la transmission des savoir-faire aux jeunes, au développement de l’apprentissage et à la création d’emplois durables.

Mais pour atteindre ces objectifs, une condition préalable s’impose : la crédibilité de sa gouvernance.

Le prochain bureau devrait être composé de professionnels de l’artisanat réellement engagés dans leurs métiers, disposant d’une expérience de terrain, d’une connaissance des réalités économiques, de compétences en gestion et d’une intégrité irréprochable.

Il faudrait des responsables capables de rendre compte, de travailler collectivement, de respecter les statuts et de placer les intérêts des artisans au-dessus des intérêts individuels.

Le ministre gagnerait ainsi à privilégier une procédure transparente, inclusive et juridiquement incontestable, permettant aux véritables professionnels de l’artisanat de choisir librement leurs représentants.

L’enjeu n’est pas simplement de remplacer une équipe par une autre. Il est de reconstruire une institution capable de contribuer concrètement à la création de richesses et d’emplois.

Trois ministres en trois ans : le temps des responsabilités

En trois ans, le département chargé de l’artisanat aura connu plusieurs changements de responsables politiques. Cette succession ne constitue pas, en elle-même, la preuve d’une faute de la part des ministres qui se sont succédé. Elle souligne néanmoins la nécessité d’assurer une continuité administrative et de traiter les dossiers structurels sans les laisser s’enliser.

Marcelle IBINGA épouse ITSITSA quitte désormais ce portefeuille pour laisser place à Axel Jesson AYENOUE.

Mais si les contestations concernant la CNMAG demeurent sans réponse, le changement de titulaire ne suffira pas à restaurer la confiance.

Pourquoi les difficultés signalées n’auraient-elles pas été réglées plus tôt ? Quels obstacles ont empêché une clarification complète ? Quelles décisions ont été prises et quels résultats ont-elles produits ?

Ces questions méritent des réponses institutionnelles, et non des règlements de comptes.

La nouvelle équipe ministérielle devra surtout éviter que les dossiers sensibles soient enterrés sous les urgences quotidiennes ou que les mêmes pratiques se reproduisent sous une autre direction.

Monsieur le Ministre, les artisans vous regardent

Monsieur Axel Jesson AYENOUE, votre nomination ouvre une nouvelle page. Vous avez désormais la responsabilité de faire de l’artisanat un secteur de développement économique, et non un simple portefeuille administratif.

Les artisans vous regardent. Les acteurs économiques vous regardent. Les Gabonais attendent des résultats. Et le chef de l’État, qui vous a accordé sa confiance, attendra légitimement que les missions confiées à votre département soient conduites dans le respect des règles et avec le souci de l’intérêt général.

Votre première démonstration de méthode pourrait être de faire toute la lumière sur la CNMAG.

Il existe au Gabon des professionnels compétents, des artisans expérimentés, des gestionnaires rigoureux et des personnalités intègres capables de contribuer au redressement de cette institution.

Encore faut-il leur permettre d’accéder aux responsabilités dans des conditions régulières, transparentes et ouvertes à toutes les composantes du secteur.

La CNMAG ne doit pas être le terrain de prolongement des querelles administratives. Elle doit devenir un véritable pôle de formation, de production, d’innovation et de création d’emplois.

Après avoir été surnommé le « maire du bonheur, ne devenez pas le Ministre du malheur des artisans », Axel Jesson AYENOUE se trouve face à un défi d’une tout autre nature : celui de restaurer la confiance dans une institution dont la gouvernance est aujourd’hui mise en question.

Monsieur le Ministre, le dossier de la CNMAG pourrait ne vous laisser aucun répit. Mais cette crise peut aussi devenir l’occasion d’une refondation profonde de l’artisanat gabonais.

Il ne vous est pas demandé de condamner avant d’avoir vérifié. Il vous est demandé de vérifier sans complaisance, de décider sans précipitation et d’agir sans laisser les intérêts particuliers prendre le pas sur l’intérêt général.

Car si les irrégularités alléguées étaient confirmées et si aucune mesure corrective n’était prise, la crise pourrait s’aggraver, au détriment des artisans et de la crédibilité de leur institution.

La véritable question n’est donc pas de savoir qui héritera du fauteuil de président de la CNMAG. Elle est de savoir si, enfin, les artisans gabonais auront une institution gouvernée par les textes, contrôlée par ses organes compétents et résolument tournée vers l’emploi et le développement.

C’est à cette exigence que sera jugée la capacité du ministère à tourner la page des contestations et à ouvrir celle de la transparence.

FIN DE LA DEUXIEME PARTIE DU PREMIER ARTICLE

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