GABON : 34 % D’ÉTRANGERS, ET APRÈS ? MINISTRE DE L’INTÉRIEUR, DÉPUTÉS, SÉNATEURS : LE PEUPLE ATTEND DES ACTES ! PREMIERE PARTIE :
BANTOUINFO — Tribune | Immigration, sécurité nationale et souveraineté
Plus d’un résident sur trois au Gabon est de nationalité étrangère. Un chiffre considérable qui impose un examen sans complaisance de notre politique migratoire. Face aux inquiétudes des Gabonais, le temps des discours rassurants doit céder la place aux actes. Le gouvernement et les représentants du peuple peuvent-ils encore détourner le regard ?
Le Gabon peut-il continuer à accueillir sans savoir, contrôler sans agir et gouverner sans anticiper ?
Les chiffres du Recensement général de la population et des logements (RGPL) 2026 font état d’une population totale de 3 518 621 habitants, dont 1 200 256 ressortissants étrangers, soit 34,1 % de la population résidente.
Autrement dit, près d’un résident sur trois vivant dans notre pays n’a pas la nationalité gabonaise.
Ce chiffre n’est ni anodin ni insignifiant. Il impose un débat national sérieux sur les conséquences démographiques, économiques, sociales et sécuritaires de cette réalité.
Le Gabon est un pays faiblement peuplé, doté d’un vaste territoire et de ressources naturelles considérables, mais confronté à des difficultés persistantes en matière d’emploi, de logement, d’accès aux services publics et d’amélioration des conditions de vie de ses propres citoyens.
Dans ces conditions, peut-on raisonnablement considérer comme une donnée ordinaire le fait que 34,1 % des résidents soient de nationalité étrangère, sans interroger notre politique migratoire, les capacités d’accueil du pays et l’efficacité de nos mécanismes de contrôle ?
Qui contrôle nos frontières ? Qui vérifie les conditions de séjour ? Quelle politique migratoire le Gabon entend-il désormais appliquer ?
Voilà les questions auxquelles les autorités doivent répondre sans esquive.
I. MONSIEUR LE MINISTRE DE L’INTÉRIEUR, LE TEMPS DES ACTES EST ARRIVÉ !
Monsieur le ministre de l’Intérieur, les Gabonais vous connaissent. Dans l’opinion publique, vous vous êtes construit une image particulière : celle d’un « bousilleur », d’un « bulldozer », d’un homme de terrain et d’un homme d’action, réputé pour sa capacité à intervenir directement et à faire bouger les lignes.
Aujourd’hui, vous avez une occasion de démontrer que cette réputation n’est pas simplement une image, mais qu’elle peut se traduire par des résultats concrets au service de la Nation.
Monsieur le Ministre, vous avez là une occasion de prouver aux Gabonais que vous êtes véritablement l’homme d’action qu’ils attendent.
Le dossier de l’immigration et de la maîtrise des flux migratoires constitue un véritable test de votre capacité à transformer les préoccupations populaires en décisions efficaces.
Les Gabonais ne vous attendent pas dans les bureaux climatisés, encore moins dans les déclarations de circonstance. Ils vous attendent sur le terrain, là où les problèmes se posent, là où les contrôles doivent être effectués, là où les résultats doivent être visibles.
Le temps de l’action est arrivé. Les Gabonais vous attendent sur le terrain. Car le terrain ne ment pas !
Cette formule résume une exigence populaire : celle de voir les responsables publics confrontés aux réalités, évalués sur leurs résultats et tenus de rendre compte de leurs décisions.
Monsieur le ministre, il ne suffit pas de connaître les problèmes. Il faut les traiter. Il ne suffit pas d’annoncer des mesures. Il faut les appliquer. Il ne suffit pas de rassurer la population. Il faut lui apporter des réponses concrètes.
Le Gabon a le droit souverain de déterminer les conditions d’entrée, de séjour et d’établissement des ressortissants étrangers sur son territoire. Il a également le devoir de faire respecter ses lois, de protéger ses frontières et de garantir la sécurité de sa population.
Or, les chiffres du recensement soulèvent une question fondamentale :
notre dispositif de contrôle migratoire est-il réellement adapté à la situation actuelle ?
Combien de ressortissants étrangers disposent de titres de séjour valides ? Combien sont en situation irrégulière ? Quelle est l’ampleur des entrées clandestines ? Les contrôles aux frontières terrestres, maritimes et aériennes sont-ils suffisamment efficaces ?
Ces informations sont indispensables à la conduite d’une politique migratoire responsable.
Nous demandons donc au ministre de l’Intérieur de présenter un plan d’action précis, assorti d’un calendrier, d’objectifs vérifiables et d’un bilan public.
Monsieur le Ministre, vous avez l’occasion de faire parler le terrain. Aux Gabonais, désormais, de juger les résultats !
II. IMMIGRATION INCONTRÔLÉE : QUAND L’ÉTAT PERD LA MAÎTRISE DE SES FLUX, LES RISQUES S’ACCUMULENT
Soyons clairs : l’immigration n’est pas, en elle-même, une menace. Des ressortissants étrangers travaillent honnêtement au Gabon, créent des entreprises, contribuent à l’activité économique, paient des impôts et participent à la vie nationale.
Il serait injuste de les confondre avec les personnes qui enfreignent la loi.
Mais reconnaître cette contribution ne doit pas empêcher de poser une question essentielle : comment un État peut-il garantir l’ordre public, la cohésion sociale et la bonne répartition de ses ressources s’il ne maîtrise pas suffisamment ses flux migratoires ?
Dans un pays où les capacités administratives, les infrastructures et les services publics doivent encore être renforcés, une augmentation importante de la population résidente impose une planification rigoureuse.
Sans contrôle efficace, les difficultés peuvent s’aggraver dans plusieurs secteurs.
Sur le plan social : une pression supplémentaire sur les services publics
Les hôpitaux, les établissements scolaires, les transports et les infrastructures urbaines doivent répondre aux besoins de l’ensemble de la population résidente.
Lorsque la population augmente plus rapidement que les capacités d’accueil, les équipements se retrouvent sous pression et les besoins de financement augmentent.
Les Gabonais qui peinent déjà à accéder à certains services publics sont en droit de demander au gouvernement comment il entend adapter les moyens disponibles à cette réalité démographique.
La question n’est pas de priver qui que ce soit de ses droits. Elle est de savoir si l’État anticipe suffisamment les besoins de tous et s’il protège effectivement les intérêts de ses citoyens.
Sur le plan économique : qui profite réellement de la croissance ?
Le Gabon souffre de difficultés persistantes en matière d’emploi, notamment chez les jeunes. De nombreux compatriotes peinent à trouver un emploi stable, à accéder au financement ou à développer une activité commerciale dans des conditions équitables.
Le gouvernement doit donc répondre à plusieurs questions : les règles d’exercice des activités commerciales sont-elles respectées ? Les entreprises déclarent-elles leurs salariés ? Les cotisations sociales et les impôts dus sont-ils effectivement versés ? Les travailleurs étrangers sont-ils employés conformément aux autorisations requises ?
Un ressortissant étranger en situation régulière doit pouvoir travailler dans le respect des lois. Mais personne ne devrait pouvoir contourner les obligations fiscales, sociales ou professionnelles au détriment des entreprises respectueuses des règles et des travailleurs gabonais.
La souveraineté économique commence aussi par la capacité de l’État à faire respecter les mêmes règles à tous.
Sur le plan culturel : préserver notre identité nationale
Le Gabon possède une histoire, des langues, des traditions et un patrimoine culturel qui constituent une richesse nationale.
L’arrivée de populations étrangères n’est pas nécessairement une menace pour cette identité. Cependant, une immigration importante, lorsqu’elle n’est accompagnée d’aucune politique d’intégration et de sensibilisation aux réalités locales, peut accentuer les incompréhensions et les tensions.
Il appartient aux pouvoirs publics de promouvoir une intégration respectueuse des lois, des valeurs républicaines et des traditions gabonaises.
L’hospitalité ne signifie pas l’effacement de l’identité nationale. L’ouverture au monde ne signifie pas l’abandon de la responsabilité de l’État envers son propre peuple.
Sur le logement : une pression que les autorités ne peuvent ignorer
A Libreville, à Owendo, à Akanda et dans plusieurs centres urbains, l’accès à un logement décent constitue déjà une difficulté pour de nombreux ménages.
Une augmentation de la population résidente accroît les besoins en logements, en eau, en électricité, en routes et en équipements collectifs.
Lorsque l’offre ne suit pas la demande, les loyers peuvent augmenter, les ménages modestes peuvent être repoussés vers des quartiers éloignés et l’urbanisation peut se développer sans équipements suffisants.
La responsabilité des pouvoirs publics est donc de planifier l’habitat, de lutter contre les occupations illégales, de faire respecter les règles d’urbanisme et de garantir un développement urbain cohérent.
La question du logement doit conduire à des décisions concrètes, fondées sur des données fiables et une véritable planification.
III. INSÉCURITÉ, BRAQUAGES ET DROGUE : LE GABON DOIT AGIR AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD.
Les braquages, les agressions, les trafics de stupéfiants et les réseaux criminels alimentent un sentiment d’insécurité qui appelle une réponse ferme des autorités.
Le Gabon ne peut pas se permettre de laisser se développer des réseaux clandestins, des filières de trafic ou des activités criminelles profitant d’éventuelles failles dans les contrôles frontaliers et administratifs.
Il faut toutefois rappeler que la nationalité d’une personne ne constitue pas une preuve de criminalité. Les étrangers ne peuvent pas être collectivement tenus responsables des infractions commises par certains individus.
Ce qui doit être combattu, ce sont les criminels, les trafiquants, les réseaux organisés et toutes les personnes qui violent la loi, quelle que soit leur nationalité.
Les autorités doivent renforcer les contrôles ciblés, les enquêtes judiciaires, la surveillance des frontières et la coopération entre les services de sécurité.
Monsieur le ministre de l’Intérieur, les Gabonais veulent savoir quelles mesures concrètes sont prises pour prévenir les braquages, démanteler les réseaux de drogue et renforcer la sécurité des personnes et des biens.
Là encore, il ne s’agit pas de multiplier les annonces. Il s’agit de produire des résultats mesurables.
Le terrain doit permettre de vérifier l’efficacité des opérations, d’identifier les failles et d’apporter des réponses durables.
Un homme d’action se juge à ses résultats. Et en matière de sécurité, les résultats doivent se mesurer à la protection effective des populations.
FIN DE LA PREMIERE PARTIE.
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